En France comme ailleurs, le manque de sommeil est devenu un enjeu de santé publique. Mais si l’on dort globalement moins bien qu’avant, il existe aussi des différences notables entre les sexes. Plusieurs études montrent que les femmes dorment un peu plus longtemps que les hommes. Pourtant, cette durée supplémentaire ne rime pas toujours avec meilleure qualité de sommeil.
Hormones, grossesse, charge mentale, syndrome des jambes sans repos… Ces facteurs, propres ou plus fréquents chez les femmes, pourraient expliquer un besoin de sommeil légèrement supérieur. Tour d’horizon de ce que la recherche révèle à ce sujet.
Les femmes dorment plus, mais pourquoi ?
La plupart des adultes ont besoin de 7 à 9 heures de sommeil par nuit, selon les recommandations des Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Or, plusieurs études suggèrent que les femmes dorment 6 à 28 minutes de plus que les hommes chaque nuit.
Elles s’endorment aussi plus tôt, dorment plus profondément et passent plus de temps en sommeil NREM, notamment dans sa phase 3, cruciale pour la récupération physique et mentale (Journal of Community Hospital Internal Medicine Perspectives).
Mais les scientifiques ne savent pas encore pourquoi exactement. L’hypothèse principale ? Les hormones sexuelles féminines, notamment l’œstrogène, pourraient influencer les cycles veille/sommeil.
Insomnie, stress et charge mentale : les femmes en première ligne
Selon le neurologue américain Jeffrey Durmer, les femmes sont plus sujettes à l’insomnie que les hommes. En cause : un taux d’anxiété souvent plus élevé, une charge mentale quotidienne plus lourde, et des perturbations liées aux cycles hormonaux, à la grossesse ou à la ménopause.
Une étude publiée dans la revue Sleep en 2019 a montré qu’il fallait en moyenne six ans aux parents pour retrouver un sommeil normal après la naissance d’un enfant — et que les femmes étaient bien plus affectées que les hommes (Sleep, 2019).
Syndrome des jambes sans repos : une autre différence majeure
Autre trouble du sommeil plus fréquent chez les femmes : le syndrome des jambes sans repos (SJSR). Il s’agit d’un besoin irrépressible de bouger les jambes, surtout la nuit, qui perturbe gravement l’endormissement et le sommeil profond.
Une étude de janvier 2020 parue dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health avance plusieurs explications :
- Le SJSR est plus fréquent pendant la grossesse
- Il est associé à une carence en fer, plus fréquente chez les femmes
- L’œstrogène et le fer, en influençant la transmission de la dopamine et du glutamate, pourraient rendre les femmes plus vulnérables à ce trouble
Des conseils pour améliorer la qualité du sommeil chez les femmes
Même si les femmes dorment plus longtemps en moyenne, elles ne dorment pas nécessairement mieux. Voici quelques bonnes pratiques à adopter :
- Créez une routine de sommeil stable (heures régulières, rituels)
- Limitez les écrans avant de dormir
- Réservez la chambre au sommeil et à l’intimité uniquement
- Évitez les repas lourds et les stimulants en soirée (caféine, alcool)
- Consultez un médecin en cas de symptômes persistants (insomnie, réveils fréquents, anxiété nocturne, jambes agitées)
Ce qu’il faut retenir
- Les femmes dorment plus longtemps que les hommes, mais cette différence reste modeste (quelques minutes par nuit).
- Plusieurs facteurs biologiques et sociaux expliquent ce besoin : hormones, grossesse, stress, charge mentale, etc.
- Les femmes sont plus concernées par l’insomnie, le syndrome des jambes sans repos et les troubles liés à la ménopause.
- Une bonne hygiène de vie et une meilleure reconnaissance des spécificités du sommeil féminin sont essentielles pour améliorer leur bien-être.
Photo © Miriam Alonso
[…] trouble du sommeil est plus fréquent chez les femmes (environ 60 % des cas), les personnes âgées, et celles vivant des périodes de stress ou de […]
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