Dormir avec son animal de compagnie : bonne ou mauvaise idée ?

Votre chien ou votre chat finit régulièrement en boule sur votre couette ? Vous n’êtes clairement pas seul(e) ! Pour beaucoup, c’est le combo idéal : ronrons, chaleur, petit corps contre soi… Mais côté sommeil, est-ce vraiment une bonne idée de partager son lit avec son animal, ou vaut-il mieux le garder dans son panier ? Les chercheurs se sont penchés sur la question, et la réponse est… nuancée.

On n’est pas les seuls à le faire (et ce n’est pas nouveau)

Dans plusieurs études, plus de la moitié des propriétaires de chiens et un bon tiers des propriétaires de chats déclarent dormir au moins parfois avec leur animal sur le lit ou dans la chambre.

Les raisons reviennent souvent :

  • Se sentir moins seul(e),
  • Avoir une présence rassurante,
  • Se détendre plus facilement pour s’endormir,
  • Renforcer le lien avec l’animal.

Sur le plan émotionnel, les professionnels sont assez d’accord : partager son lit avec un animal peut apporter du réconfort, diminuer le stress et l’anxiété, et renforcer le sentiment de sécurité.

Mais côté sommeil, les choses se corsent un peu.

Ce que disent les études sur la qualité du sommeil

Le cas des chiens : dans la chambre, oui ; sur le lit, à voir

Une étude menée à la Mayo Clinic a suivi 40 adultes et leurs chiens grâce à des capteurs de sommeil (actigraphie). Résultat :

  • Avoir un chien dans la chambre n’empêchait pas de conserver une bonne efficacité de sommeil.
  • En revanche, lorsque le chien dormait directement sur le lit, la qualité de sommeil était légèrement moins bonne (plus de micro-réveils, efficacité un peu diminuée).
Faut-il autoriser son chien à dormir sur le lit ?
Image de freepik

En résumé : votre chien dans la chambre, pourquoi pas ; collé à vos pieds, cela peut commencer à se sentir sur la qualité de vos nuits, surtout si vous êtes déjà un dormeur fragile.

Quand les chiens font bouger leurs humains

Une autre étude, cette fois-ci uniquement chez des femmes adultes, a mesuré les mouvements nocturnes des propriétaires de chiens et de leurs animaux. Les chercheurs ont observé que :

  • les mouvements du chien augmentaient clairement la probabilité que l’humain bouge aussi,
  • mais les participantes rapportaient rarement que leur chien perturbait leur sommeil.

Autrement dit : votre chien vous réveille peut-être un peu plus que vous ne le pensez… mais vous ne l’identifiez pas forcément comme la cause de votre fatigue.

Dormir avec son animal : un sommeil un peu moins bon… sur le papier

Une étude de 2024, menée sur un large échantillon d’adultes américains, a montré que le fait de co-dormir avec son animal (dans le lit ou juste à côté) était associé :

  • à une moins bonne qualité de sommeil perçue,
  • à plus de symptômes d’insomnie,
  • sans qu’on sache exactement si c’est l’animal qui perturbe le sommeil… ou si les mauvais dormeurs sont simplement plus nombreux à dormir avec leurs animaux.

D’autres travaux suggèrent que les propriétaires de chiens ont plus souvent des troubles du sommeil, tandis que les propriétaires de chats se plaignent davantage de mouvements nocturnes (secousses de jambes, réveils).

Là encore, on parle d’associations, pas de cause directe.

Et les chats dans tout ça ?

Tout comme nous, les animaux dorment, et tout comme nous, les animaux rêvent – y compris le chat. Mais un chat n’a pas exactement les mêmes horaires que vous. Il peut faire sa vie la nuit, sauter du lit, venir réclamer de l’attention à 4 h du matin, ou encore jouer avec vos orteils.

Certaines études montrent que les chats sont perçus comme plus perturbateurs que les chiens sur le plan du sommeil, même si les résultats restent variables d’un travail à l’autre.

Faut-il dormir avec son chat ?
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Mais là encore, tout dépend du chat, de son âge, de son tempérament… et de votre tolérance personnelle.

Les bons côtés : réconfort, lien et émotions positives

Côté bénéfices, les études sont plutôt d’accord :

  • Les animaux de compagnie peuvent réduire le stress, la sensation de solitude et l’anxiété.
  • Certaines personnes, notamment celles qui souffrent de douleurs chroniques, de stress ou de traumatismes, rapportent dormir mieux avec leur chien à proximité, parce qu’elles se sentent plus en sécurité et plus apaisées.

Pour beaucoup, le lit partagé devient un espace de lien : on se sent accompagné, on se réveille avec une présence familière, et cela peut avoir un impact positif sur l’humeur, même si le sommeil n’est pas parfait.

Les points à surveiller avant de laisser votre animal sous la couette

Avant de laisser votre chien ou votre chat s’installer officiellement dans votre lit, quelques questions utiles à vous poser :

  • Avez-vous déjà des difficultés de sommeil ?
    Si vous souffrez d’insomnie, de réveils fréquents ou d’un sommeil très léger, le moindre mouvement ou bruit peut faire la différence. Dans ce cas, garder l’animal dans la chambre mais pas sur le lit peut être un compromis intéressant.
  • Souffrez-vous d’allergies ou d’asthme ?
    Poils, squames, pollen dans le pelage, poussière… Tout ce joli monde finit aussi dans votre lit. En cas d’allergies respiratoires, les experts recommandent plutôt d’éviter le co-sommeil sur le lit et de maintenir une bonne hygiène (lavage de linge de lit, soins réguliers de l’animal).
  • Votre animal est-il calme… la nuit ?
    Un chien qui change sans cesse de position, un chat qui se met en mode “zoomies” à 3 h du matin, ou un animal qui aboie/ miaule au moindre bruit va logiquement peser sur la qualité de votre sommeil.
  • Y a-t-il des personnes fragiles dans le lit ?
    Bébés, jeunes enfants, personnes immunodéprimées ou très âgées : pour ces profils, de nombreux professionnels préfèrent limiter le co-sommeil direct avec les animaux, par précaution (risques infectieux, accidents, etc.).

Alors, bonne ou mauvaise idée ?

D’après les études, on peut résumer ainsi :

  • Dormir avec son animal de compagnie est rarement neutre pour le sommeil : il y a un peu plus de micro-réveils, de mouvements et, globalement, une légère baisse de la qualité perçue du sommeil chez une partie des personnes.
  • En revanche, sur le plan émotionnel, beaucoup de dormeurs y gagnent en réconfort, sensation de sécurité et bien-être – au point d’accepter volontiers quelques perturbations en échange.

En pratique, la vraie question n’est donc pas :

“Est-ce que c’est bien ou mal de dormir avec mon animal ?”

mais plutôt :

“Est-ce que moi, avec ma façon de dormir, mon état de santé et mon animal, j’y gagne plus que j’y perds ?”

Si vous vous réveillez reposé(e), sans symptômes d’allergie, et avec le sourire en voyant la truffe ou les moustaches sur l’oreiller… il n’y a pas d’urgence à changer vos habitudes.
Si, au contraire, vous êtes épuisé(e), que votre sommeil est déjà fragile, que vous vous réveillez en sursaut parce que quelqu’un a décidé de se laver les pattes sur votre oreiller… il peut être temps de négocier un panier confortable à côté du lit plutôt que sur l’oreiller.

Sources et études citées

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