Au Japon, les employés dépassent fréquemment les 80 heures d’heures supplémentaires par mois. Autant dire que les nuits sont courtes. A l’heure où le gouvernement lance un plan de santé pour réduire le manque de sommeil au sein de la population, deux entreprises niponnes ont mis au point une drôle d’invention pour récupérer au bureau.
Le boite à sieste : une invention « made in Japan » encore expérimentale
Spécialiste des équipements de bureau, la société Itoki s’est associée au fabricant de contre-plaqué Koyoju Gohan afin de proposer une « boite à sieste ». Cette cabine est conçue à la verticale pour occuper le moins d’espace possible au bureau. Elle doit permettre aux salariés qui en ressentent le besoin de s’isoler pour prendre un peu de repos. Dotée d’un intérieur ergonomique, elle offre un appui au niveau de la tête et du bassin.

À l’heure actuelle, cette capsule baptisée Kamin Box n’est pas encore utilisée, mais elle pourrait bientôt être adoptéee – du moins dans les grandes entreprises nippones. Car au Japon, le manque de sommeil au sein de la population active constitueun véritable problème de santé publique. En cause : des semaines de travail ponctuées d’un nombre important d’heures supplémentaires, et des nuits beaucoup trop courtes.
La sieste au travail au Japon : une pratique codifée
On a coutume de dire que la sieste au travail est très bien vue au Japon. Il est vrai qu’il est courant de voir une personne s’assoupir quelques minutes sur son bureau, se réveiller, puis se remettre immédiatement au travail. Cette pratique a un nom : l’inemuri. Et si elle est très bien vue, c’est parce qu’elle est perçue comme une preuve d’implication.
Cependant, dans l’inemuri ne suffit pas à compenser l’accumulation de nuits trop courtes. Certains employés trouvent ainsi refuge aux toilettes pour faire un petit somme en toute discrétion. Une pratique peu hygiénique et jugée dégradante qui a conduit à l’invention du « placard à sieste ».
Une dette de sommeil parfois mortelle
Au Japon, l’expression « se tuer à la tâche » est à prendre au pied de la lettre. Il n’est pas rare que les salariés fassent plus de 80 heures supplémentaires par mois. Journaliste de 31 ans, Miwa Sado est ainsi décédée en 2013 après avoir fait quelques 159 heures supplémentaires. Les faits sont rendus publics en 2017 sous la pression de la famille de la jeune femme, afin d’alerter sur ce phénomène.
L’affaire Miwa Sado a un retentissement international, et les médias du monde entier se penchent sur le monde du travail nippon : un univers littéralement mortel. Au pays du soleil levant, cette overdose de travail est appelée karoshi. Elle est bien connue des psychiatres et sociologues, qui se penchent sur la question. Toutefois, ce surmenage mortel est loin d’être un phénomène qui se cantonne au Japon. La crise sanitaire a d’ailleurs largement contribué à l’aggravation du phénomène à travers la généralisation du télétravail.
Sources :
[…] Au Japon, le manque de sommeil est un véritable enjeu de santé publique. Selon les statistiques du ministère, près de 40 % des adultes japonais dorment moins de 6 heures par nuit. Cette situation place le Japon parmi les pays membres de l’OCDE avec la durée de sommeil moyenne la plus faible. Le stress, les longues heures de travail, et une culture où l’endormissement est parfois perçu comme une faiblesse contribuent à cette crise silencieuse. […]
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