Chaque année, le changement d’heure revient comme un petit désordre dans nos habitudes. Ce n’est qu’une heure, mais elle suffit souvent à dérégler notre sommeil, notre appétit, et même notre humeur. Certains se sentent fatigués, d’autres dorment mal pendant plusieurs jours. En réalité, ce décalage d’apparence minime agit directement sur notre rythme biologique. Bonne nouvelle : avec quelques gestes simples, il est tout à fait possible d’aider son corps à s’adapter naturellement, sans subir la fameuse « fatigue du changement d’heure ».
Pourquoi le changement d’heure perturbe notre sommeil
Notre organisme suit une horloge interne appelée rythme circadien. Elle régule nos cycles de veille et de sommeil, notre température corporelle, la sécrétion d’hormones comme la mélatonine et le cortisol, mais aussi nos pics d’énergie tout au long de la journée. Lorsque les aiguilles avancent ou reculent, cette horloge doit se resynchroniser.

Selon les spécialistes de l’INSERM, le passage à l’heure d’été est plus difficile pour l’organisme que celui de l’heure d’hiver. En avançant d’une heure, on « perd » du sommeil et on retarde la production naturelle de mélatonine. Cela explique pourquoi de nombreuses personnes mettent plusieurs jours à retrouver leur rythme.
Les effets les plus fréquents sont bien connus :
- Difficulté à s’endormir ou à se lever, surtout les premiers jours ;
- Sensation de fatigue ou de somnolence dans la journée ;
- Troubles de l’humeur et irritabilité ;
- Baisse de la concentration ou de la vigilance.
Chez les enfants et les personnes âgées, cette désynchronisation est souvent plus marquée : leur horloge interne est plus sensible aux changements d’habitudes.
Anticiper le changement pour éviter le « jet-lag intérieur »
Pour mieux vivre le passage à l’heure d’été ou à l’heure d’hiver, le maître mot est anticipation. Comme lors d’un voyage avec décalage horaire, il s’agit d’aider doucement son corps à s’ajuster à un nouvel horaire.
Décaler progressivement son rythme
Deux ou trois jours avant la date du changement, commencez à décaler l’heure du coucher et du réveil d’environ 15 minutes par jour. Cette méthode progressive aide votre cerveau à ajuster la sécrétion hormonale et facilite la transition. Vous pouvez également avancer ou retarder légèrement les repas pour maintenir une cohérence interne.
Miser sur la lumière naturelle
La lumière est le principal régulateur de notre horloge biologique. Le matin, exposez-vous à la lumière du jour le plus tôt possible : ouvrez les volets, prenez votre petit déjeuner près d’une fenêtre, sortez marcher quelques minutes. La lumière solaire envoie au cerveau le signal du réveil et inhibe la mélatonine, l’hormone du sommeil.

À l’inverse, le soir, évitez la lumière bleue des écrans, qui perturbe ce mécanisme. Préférez une lumière chaude et tamisée. Si vous avez du mal à dormir, une lampe de luminothérapie peut aussi être utilisée le matin pour aider à réguler le rythme circadien.
Adapter les repas et l’activité
Les repas agissent comme des repères temporels pour notre corps. Essayez de garder des horaires stables et de privilégier le soir un dîner léger : trop copieux, il retarde la digestion et l’endormissement.
Une activité physique modérée en journée (marche, yoga, étirements) favorise la production d’endorphines et améliore la qualité du sommeil sans exciter le système nerveux.
Limiter les excitants
Durant la semaine du changement d’heure, réduisez la consommation de café, thé, boissons énergisantes et alcool. Ces substances retardent l’endormissement et accentuent la fatigue matinale. Un grand verre d’eau au réveil et une tisane relaxante le soir seront de bien meilleurs alliés.
Les bons rituels pour aider le corps à s’ajuster
Lorsque le rythme circadien est légèrement décalé, le corps apprécie la régularité. C’est le moment idéal pour renforcer vos routines de sommeil.
Un rituel du soir apaisant
Préparez un environnement propice au sommeil : une chambre sombre et fraîche, une lumière douce, un air bien ventilé. Évitez de consulter votre téléphone ou vos mails tard le soir. Vous pouvez instaurer un petit rituel réconfortant : lire quelques pages, respirer calmement, écouter une musique relaxante ou pratiquer la respiration 4-7-8, connue pour apaiser le système nerveux.
Le matin, dynamisez votre réveil
Le lever est un moment-clé pour synchroniser votre corps avec la lumière du jour. Ouvrez les rideaux, prenez une douche tonique ou un petit déjeuner équilibré : un fruit, une boisson chaude, des protéines (œuf, yaourt, graines). Ce type de repas aide à stabiliser le niveau d’énergie.
Dormir un peu plus, si besoin
Si la fatigue du changement d’heure se fait sentir, autorisez-vous à dormir un peu plus tôt que d’habitude ou à faire une courte micro-sieste dans la journée (10 à 20 minutes maximum). Cela permet de récupérer sans perturber le sommeil nocturne.
Comment aider les enfants à traverser le changement d’heure
Les plus jeunes sont souvent les premiers à ressentir les effets du changement d’heure. Leur rythme biologique est encore en construction, et ils s’appuient beaucoup sur la régularité des routines.
Commencez à ajuster leurs horaires deux ou trois jours avant la date officielle, par tranches de 10 à 15 minutes. Maintenez les rituels du coucher : histoire, câlin, veilleuse, musique douce. Ces repères rassurent et signalent que la nuit commence, même si la lumière extérieure dit le contraire.
Évitez les écrans avant le coucher, car la lumière bleue retarde la sécrétion de mélatonine. Si possible, profitez d’une promenade matinale : la lumière naturelle aidera leur horloge interne à s’adapter plus vite.
Dans les jours qui suivent, soyez indulgent : un enfant plus agité ou fatigué, c’est normal. Laissez-lui le temps de reprendre son rythme.
Quand la fatigue persiste
Même en suivant tous ces conseils, il n’est pas rare que certaines personnes mettent une semaine ou plus à s’adapter. Notre horloge biologique ne se recale pas instantanément : il faut parfois de 4 à 14 jours pour retrouver un cycle stable.
Si vous continuez à vous sentir épuisé, veillez à :
- Vous lever et vous coucher à la même heure chaque jour ;
- Eviter les siestes longues ;
- Maintenir une bonne hygiène du sommeil (pas de repas lourds tardifs, chambre fraîche et calme, exposition à la lumière du matin).
Un déficit chronique de sommeil peut accentuer les effets du changement d’heure : veillez donc à conserver une durée moyenne de sept à huit heures de sommeil par nuit.
Les bons réflexes à garder toute l’année
Le changement d’heure n’est finalement qu’un révélateur de notre rapport au sommeil. Pour que ces transitions soient plus faciles à vivre, il est utile d’adopter des habitudes durables :
- Respecter des horaires réguliers, même le week-end ;
- S’exposer à la lumière naturelle le matin ;
- Créer une routine du soir stable et relaxante ;
- Ecouter les signaux de fatigue et éviter de repousser le coucher.
Ces gestes simples soutiennent votre rythme circadien toute l’année et limitent la fatigue lorsque les aiguilles se déplacent.
Sources
INSERM – Les effets du changement d’heure sur notre horloge biologique
INSERM – Chronobiologie
[…] explique pourquoi une cure de magnésium est souvent recommandée en automne ou au moment du changement d’heure, quand la fatigue se fait sentir et que l’équilibre interne est plus […]
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