Les troubles du sommeil

Le sommeil est une composante essentielle de notre bien-être au quotidien. Cependant, un grand nombre de personnes expérimente des troubles du sommeil. Qu’ils soient ponctuels ou chroniques, les troubles du sommeil peuvent avoir un impact significatif sur notre qualité de vie, sur notre productivité ainsi que sur notre état de santé à long terme.

Troubles du sommeil : définition 

On parle de trouble du sommeil, ou somnipathie, lorsque l’on ne parvient pas à dormir correctement.

Les troubles du sommeil peuvent avoir des causes physiologiques, comportementales ou environnementales, et se manifester de manières variées :

  • Une impossibilité à trouver le sommeil ou, au contraire, une tendance à s’endormir à des moments inappropriés ;
  • Des réveils nocturnes fréquents ;
  • Des comportements indésirables durant le sommeil – par exemple le fait de grincer des dents.

La classification des troubles du sommeil

On dénombre plus de 80 troubles du sommeil. Ils sont classifiés en différents groupes. À l’heure actuelle, c’est la Classification internationale des troubles du sommeil (The International Classification of Sleep Disorders) établie par l‘American Academy of Sleep Medicine (AASM) qui fait référence.

Les troubles du sommeil sont répartis en 6 catégories principales :

  1. Les insomnies ;
  2. Les troubles du sommeil en relation avec la respiration ;
  3. Les hypersomnies d’origine centrale ;
  4. Les troubles du rythme circadien du sommeil ;
  5. Les parasomnies ;
  6. Les mouvements en relation avec le sommeil.

Quels sont les troubles du sommeil les plus courants ?

Statistiquement, les troubles du sommeil les plus fréquents sont :

  • L’insomnie : trouble du sommeil le plus courant, elle affecte environ 10 à 30 % de la population adulte. Les symptômes de l’insomnie comprennent des difficultés à s’endormir et/ou à rester endormi toute la nuit ;
  • L’apnée du sommeil touche environ 4 % des hommes et 2 % des femmes adultes. Elle se caractérise par des pauses respiratoires pendant le sommeil, généralement associées à des ronflements ;
  • Le syndrome des jambes sans repos (SJSR), un trouble caractérisé par des sensations inconfortables dans les jambes, accompagnées d’un besoin irrépressible de les bouger. Il affecte environ 5 à 15 % de la population ;
  • Les troubles du rythme circadien : des dysfonctionnements du rythme veille-sommeil, qui peuvent entraîner des difficultés à s’endormir ou à rester éveillé aux heures appropriées. Des exemples courants comprennent le décalage horaire, le travail de nuit ou les troubles du sommeil liés aux horaires irréguliers ;
  • Les parasomnies : des troubles du sommeil qui impliquent des comportements anormaux pendant le sommeil. Cela peut inclure des cauchemars fréquents, des terreurs nocturnes, le somnambulisme ou le fait de parler ou de manger en dormant.

Il convient de noter que la prévalence des troubles du sommeil peut varier en fonction de différents critères, notamment de l’âge.  

Les troubles du sommeil de l’enfant les plus fréquents sont les parasomnies telles que les cauchemars, les terreurs nocturnes, l’énurésie (pipi au lit) ou le somnambulisme, qui disparaissent le plus souvent naturellement en grandissant.

Les troubles du sommeil de l’adolescent sont principalement liés à une insuffisance de sommeil. Souvent couchés tard à cause de nouvelles habitudes sociales ou encore de l’usage intensif des écrans, les adolescents ont généralement des nuits trop courtes en semaine, qu’ils tendent à compenser par des grasses matinées durant le week-end. Les insomnies liées au stress sont également fréquentent.

L’insomnie constitue le trouble du sommeil le plus fréquent chez les adultes. Les troubles du rythme circadien sont fréquents chez les personnes travaillant de nuit, ainsi que chez les seniors. Parmi les autres troubles du sommeil de l’adulte courants : l’apnée du sommeil et le syndrome des jambes sans repos.

L'insomnie constitue le trouble du sommeil le plus répandu.

Troubles du sommeil : les causes

Les troubles du sommeil peuvent avoir des causes variées. Ils sont d’ailleurs souvent d’origine multifactorielle.

Les facteurs psychologiques  

Le stress, l’anxiété, la dépression et les troubles de l’humeur peuvent perturber le sommeil. Les préoccupations constantes, les pensées négatives ou les troubles émotionnels non traités peuvent rendre difficile l’endormissement ou provoquer des réveils nocturnes.

Des problèmes médicaux

Certains problèmes de santé peuvent avoir un impact sur le sommeil. Cela inclut les troubles respiratoires tels que l’apnée du sommeil, les troubles neurologiques, les douleurs chroniques, les problèmes hormonaux, les troubles gastro-intestinaux, les allergies, l’asthme, etc.

Les facteurs environnementaux

Un environnement de sommeil inapproprié peut perturber le repos. Des facteurs tels que le bruit excessif, la lumière vive, une température trop élevée ou trop basse, un matelas ou un oreiller inadapté peuvent perturber l’endormissement et nuire à la qualité du sommeil.

De mauvaises habitudes de sommeil

Adopter de mauvaises habitudes de sommeil peut perturber les rythmes circadiens et entraîner des troubles du sommeil. Parmi les mauvaises habitudes les plus courantes : une heure de coucher et un réveil irréguliers, une sieste trop longue pendant la journée, la consommation excessive de caféine ou d’alcool avant le coucher, l’utilisation d’appareils électroniques avant de se coucher, etc.

Des facteurs génétiques

Certaines formes de troubles du sommeil, comme la narcolepsie, peuvent avoir une composante génétique. Des anomalies dans les gènes qui régulent les rythmes circadiens ou le fonctionnement du système nerveux peuvent contribuer au développement de troubles du sommeil.

Les médicaments et substances

Certains médicaments, tels que les antidépresseurs, les stimulants, les corticostéroïdes, ainsi que certaines substances comme la caféine, la nicotine et l’alcool, peuvent avoir un impact sur le sommeil.

Quelles sont les conséquences des troubles du sommeil ?

Les troubles du sommeil peuvent avoir de nombreuses conséquences sur la santé physique, mentale et émotionnelle d’une personne.

Les troubles du sommeil ont un impact direct sur le bien-être et la santé.

Fatigue et somnolence diurne  

Les troubles du sommeil se caractérisent principalement par un temps de sommeil trop court, et un sommeil de mauvaise qualité. Cela entraîne une sensation de fatigue constante et favorise la somnolence diurne. La somnolence diurne nuit à la productivité et s’accompagne d’une diminution de la vigilance et d’une augmentation du temps de réaction, ce qui accroit  considérablement le risque d’accidents de la route et d’accidents du travail et d’accidents domestiques.

Des difficultés cognitives

Les troubles du sommeil peuvent entraîner des problèmes de concentration, des difficultés à mémoriser les informations, une diminution des performances cognitives.

Un facteur de risque pour la santé

Les troubles du sommeil impactent le système immunitaire et augmentent le risque de nombreux cancers – notamment les cancers hormonaux. Ils augmentent également les risques d’obésité, de diabète de type 2, de maladies cardiaques, et d’hypertension artérielle. Le sommeil est enfin l’élément clé de la production d’hormone de croissance, qui joue un rôle majeur dans le processus de cicatrisation.  Un sommeil de mauvaise qualité peut ainsi ralentir le processus de guérison après une blessure ou une intervention chirurgicale.

Un impact sur la santé mentale

Le sommeil joue un rôle capital dans la régulation des émotions. Les troubles du sommeil, tels que l’insomnie ou l’apnée du sommeil, sont souvent associés à des problèmes de santé mentale comme la dépression, l’anxiété et les troubles de l’humeur. Il existe une corrélation étroite entre les troubles du sommeil et les troubles psychiatriques, et un sommeil inadéquat peut aggraver les symptômes existants ou déclencher de nouveaux problèmes de santé mentale.

Troubles du sommeil : quand consulter ?

Les troubles du sommeil peuvent être ponctuels et sans gravité : c’est la raison pour laquelle ils sont souvent sous-estimés, ce qui conduit à un diagnostic et à une prise en charge tardive. De plus, dans certains cas, un trouble passager s’installe insidieusement dans la durée et devient chronique.

Il est recommandé de consulter :

  • Si vous vous sentez fatigué.e dès le matin ;
  • En cas de somnolence pendant la journée ;
  • Si vous constatez des troubles de la concentration, de l’attention et de la mémoire.

Les ronflements sont courants et, le plus souvent, bénins. Dans certains cas, ils sont liés à un syndrome d’apnée du sommeil. En cas de doute, il est donc recommandé d’en parler à votre médecin traitant.

Troubles du sommeil : qui consulter ?

En cas de troubles du sommeil, il est recommandé de consulter en premier lieu votre médecin traitant. En fonction de la nature de votre somnipathie, il peut vous orienter vers différents spécialistes, parmi lesquels :

  • Un médecin du sommeil (ou hypniatre) : spécialisé dans le diagnostic et le soin des troubles du sommeil, il peut procéder à un examen complet du sommeil (polysomnographie du sommeil) pour déterminer la prise en charge la plus adaptée ;
  • Un neurologue pour les troubles du sommeil liés au système nerveux ;
  • Un psychologue ou un psychiatre dans le cas de pathologies telles que la dépression, mais aussi pour vous proposer une Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC) ;
  • Un oto-rhino-laryngologiste (ORL) en cas de problèmes respiratoires, comme l’apnée du sommeil ou les ronflements chroniques.

Quel traitement pour les troubles du sommeil ?

Les traitements des troubles du sommeil varient en fonction de leur nature et de leur gravité. En cas de trouble ponctuel, les somnifères naturels se révèlent souvent très efficaces.

Pour l’insomnie, le recours à la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est fréquent. Dans certains cas, des somnifères ou des hypnotiques peuvent être prescrits de manière temporaire pour aider à améliorer le sommeil. Il est à noter que ces médicaments doivent être utilisés avec prudence et sous la supervision d’un professionnel de la santé.

L’apnée du sommeil sévère peut nécessiter une thérapie par pression positive continue (PPC), qui implique l’utilisation d’un appareil qui délivre de l’air sous pression pour maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. Dans certains cas, l’usage d’une orthèse d’avancée mandibulaire se révèle suffisant.

Comment prévenir les troubles du sommeil ?

Certaines bonnes habitudes permettent de prévenir efficacement les troubles du sommeil :

  • Des horaires de sommeil réguliers : efforcez-vous de vous lever et de vous coucher à heures fixes, y compris durant le week-end ;
  • Un environnement de sommeil adapté : idéalement, la chambre doit être calme et fraiche, et vous devez disposer d’une bonne literie ;
  • Limiter votre consommation de substances susceptibles de nuire à la qualité de votre sommeil (caféine, nicotine, alcool, etc.) en particulier en soirée ;
  • Privilégiez un repas sain et léger ;
  • Limiter l’usage des écrans le soir ;
  • Faire de l’exercice régulièrement, de préférence en extérieur.

Le stress constitue un facteur aggravant dans la majorité des troubles du sommeil. Il est donc recommandé d’apprendre à le gérer. Pour cela, vous pouvez avoir recours à des pratiques telles que le yoga, la sophrologie ou encore la méditation.

Illustrations :

Image par Moondance de Pixabay